Concevoir des buttes en milieu humide

Quand

28/05/2022 - 29/05/2022    
9h30 - 17h30

Réservations

Les réservations sont fermées

Chez Ruchon
Chez Ruchon N°7, Saint-Alpinien, Nouvelle-Aquitaine, 23200, Creuse

Type d’évènement

Sur un terrain marécageux défriché à l’été et l’automne 2019 nous avons conçu quelques buttes pour éviter que les racines des plantes soient immergées.

Pendant l’été sec de 2020, les buttes de la serre ont permis de cultiver des tomates et autres légumes sans arrosage car une couche d’argile à 80 cm retient l’eau sur cette parcelle !

L’été 2021 a été tellement pluvieux qu’en dehors des buttes le terrain est resté gorgé d’eau et n’a pas pu être travaillé.

Comme nous en avons expérimenté différent modèles, pour cultiver en période sèche ET pluvieuse, ce chantier participatif permettra de concevoir différentes sortes de buttes, en “plein champ” et sous serre pour utiliser au mieux cette parcelle difficile.

Pourquoi des buttes en milieu humide ?

Une bonne partie de notre terrain ressemble à un marécage car à 80 cm sous le sol se trouve une couche d’agile qui retient toute l’eau des pluies et nos pauvres plantes voient leurs racines pourrir. Impossible de repiquer quoi que ce soit dans ce marais : peut-être du riz mais son cycle biologique sera arrêté par l’hiver sous nos latitudes !

L’idée nous est venue d’isoler ces racines de cette eau stagnante. Il s’agissait donc tout simplement de surélever le sol en buttes.
Au sol, au lieu de petits branchages, une couche de bois vert de bonne section pour gagner en hauteur. Puis, les couches normales de la butte. Cela nous fait un bon 50 cm de hauteur. Et bien sûr, aucun arrosage car nos racines intelligentes plongent et vont chercher pas loin l’eau nécessaire à leur santé. L’année dernière, j’ai eu de magnifiques tomates (mon record : une tomate cœur de bœuf de 1,160 kg !), poivrons, piment, persil, etc sans aucun apport d’eau. Pas de mildiou par une aspersion de bicarbonate de soude (une grosse cuillère à soupe pour 1 litre d’eau) surtout sous les feuilles.

Malgré l’importance du travail demandé les plantes profitent alors d’un milieu vivant où matières organiques (humus), activités microbiennes, carbone (feuilles sèches, paille), azote (déchets verts) se mêlent et s’associent pour un explosion de fertilité. Nos plantes s’épanouissent d’une manière spectaculaire. Il s’agit en fait de créer sur un sol ingrat un deuxième sol de terre arable. Toues ces matières se compostent pour donner un substrat riche et équilibré dont se nourrit la plante.

Rappelons en rapidement les principes :

– Nous commençons par sous-soler notre planche de culture pour lui donner une perméabilité qui permettra un bon drainage. L’eau, l’oxygène doivent circuler.

– Une couche de carton sans adhésif stoppera l’envahissement des adventices et donnera une nourriture idéale à nos amis les vers de terre.

– Là-dessus, une couche de petites branches entrelacées, toujours pour cette aération nécessaire à la dégradation des matériaux. Ne pouvant retourner le compost, l’air doit circuler.

– Ensuite, pour la cellulose déjà apporté par les cartons, de la paille, du BRF, tontes de gazon : il s’agit d’alterner des couches apportant carbone et azote.

– Les bois pourris récupérés en forêt sont les bienvenus pour leurs mycorhizes. La plupart des plantes ont besoin de cette symbiose entre champignons et leurs racines.

– La sciure de bois non traitée est aussi bénéfique.

– On répand un peu de cendre pour l’apport en calcaire, phosphore et potassium.

– Recouvrant le tout, une couche de terre avec compost, fumier dégradé.

– Enfin, une bonne couche de mulch (paille ou foin) pour garder l’humidité, car il est important de bien arroser tout ça, à chaque couche.

– Quand vous recevez des enfants, n’hésitez pas à les faire uriner dessus et à arroser avec purin d’ortie ou/et de consoude.

Idéalement mis en œuvre en Automne, cela peut aussi se faire au printemps.

Cette fertilité s’use vite : après une saison, il est nécessaire de retravailler la butte sur 15 cm par un apport de fumier composté ou autre. Mais le travail est bien moindre qu’à la construction de la butte. On devrait en avoir pour 4 à 5 ans avant de reconstituer les couches en profondeur. Le résultat est là : De beaux légumes et aromatiques font plaisir aux jardiniers. Y a plus qu’à !

Réservations

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